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Bienvenu !

Et toutes les âmes intérieures des poètes sont amies et s'appellent les unes les autres.

Proust

Dimanche 29 octobre 2006

J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs

Je marche sans trouver de bras qui ne secourent,

Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,

Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête,

J'assiste esprit sans joie, à ce splendide amour ;

Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour,

Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète...

Maintenant mon regard ne s'ouvre qu'à demi ;

Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;

Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme

Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi.

JE ne daigne plus même, en ma sombre paresse,

Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit.

Ô Seigneur ! Ouvrez-moi les portes de la nuit

Afin que je m'en aille et que je disparaisse !

Par Bison Ravi - Publié dans : Le poème du jour
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